Ce vitrail, à la structure et à la lecture simples, est particulièrement beau à contempler au soleil couchant. Le décor de quatre-feuilles est donné par le dessin des scènes, finement bordées, et non par la forme des fers forgés.

Seules deux paraboles tirées des Evangiles sont représentées dans les vitraux de la cathédrale : la parabole du Bon Samaritain et la parabole du Fils Prodigue, contée dans cette verrière du transept nord (à l’origine, une parabole est un récit allégorique qui suggère une conclusion morale ou une nouvelle règle de conduite. Jésus a beaucoup usé de ce procédé dans le but de donner un sens spirituel à son enseignement).

Saint Luc, dans le chapitre V de son évangile, rapporte plusieurs de ces récits que l’on appelle « paraboles de la miséricorde ». Celles-ci visent à démontrer que le Seigneur Dieu accorde sans compter son pardon à tout pécheur qui se convertit. Ce thème est également évoqué dans les vitraux de Marie-Madeleine et du Samaritain.
L’enchaînement des scènes suit fidèlement le récit de l’évangile de saint Luc, au chapitre 15, des versets 11 à 32, excepté le rôle excessif accordé aux courtisanes.

Aucun donateur n’a signé ce vitrail. On a cru voir parfois ici un don des courtisanes, ce qui expliquerait le nombre de scènes qui leur sont consacrées (onze médaillons sur trente que comprend la verrière), cette présence étant sans commune mesure avec leur rôle dans la parabole. Ce développement inhabituel pourrait s’expliquer par la lutte que mena, quelques années avant l’élaboration de ce vitrail, le chancelier Pierre de Roissy contre la luxure et la prostitution, très répandues alors, principalement en milieu urbain.