Présentation

Ce vitrail a été réalisé vers 1218 et se compose de deux parties séparées par la scène de l’Annonciation dans le quadrilobe central. La vie de Marie y est racontée avant et après cet évènement et jusqu’à la fuite en Egypte et le massacre des innocents.

Les écrits du Nouveau Testament ne disent rien de la vie de Marie avant l’Annonciation. Ainsi, la première partie du vitrail s’inspire de récits populaires, enracinés dans des traditions fort anciennes et dignes d’intérêt, que l’on appelle des « apocryphes », où l’imagination a pu se donner libre cours mais où la piété sait bien sentir ce qui est essentiel. Ils étaient bien connus : les prédicateurs y puisaient des éléments pour leurs sermons comme le fera aussi Jacques de Voragine dans sa « Légende Dorée ».

Saint Fulbert, évêque de Chartres (1006-1028), a voulu que la fête de la Nativité de la sainte Vierge Marie (fête venue d’Orient et récemment introduite dans notre pays) soit célébrée à la cathédrale avec beaucoup d’éclat. Un important livre apocryphe, entre autres, était connu à Chartres, comme en témoigne Fulbert dans un sermon pour la Nativité de Marie : le « De Nativitate Mariae » ( la Nativité de Marie – IXè siècle ?), remaniement latin de l’ « Evangile de l’Enfance » du Pseudo-Matthieu.
Sauf indication contraire, les références qui suivent renvoient au « Livre de la Nativité de Marie ».

La seconde partie du vitrail, à partir de l’Annonciation, suit le récit des évangiles de Luc et de Matthieu qui ont tous deux parlé de l’enfance du Christ, mais, pour certains détails, l’iconographie est aussi teintée de l’influence d’apocryphes.

La totalité des images de ce vitrail s’inscrivent sur un fond entièrement bleu. C'est la couleur mariale et royale. La bordure, d'une grande finesse, présente un jeu de fleurs et de feuilles multicolores.