Introduction

Ce vitrail qui date de 1225 est consacré à Charlemagne. C’est l’un des plus beaux de la cathédrale, tant par la perfection de son exécution que par la magnificence de ses coloris.
Situé dans le déambulatoire à côté de celui de saint Jacques, il en complète l’histoire puisqu’une partie du vitrail évoque la légende selon laquelle Charlemagne aurait délivré le tombeau de l’apôtre en Galice. Il fait face à celui de Sylvestre où est évoqué Constantin, rappelant ainsi que ces deux empereurs ont été les soutiens de l’Eglise dans la chrétienté naissante. On qualifiait Charlemagne de nouveau Constantin.
Bien que Charlemagne ait été canonisé par l’antipape Pascal III sur la demande de Frédéric Barberousse en 1165, - ce qui lui vaut d’être parfois nimbé dans le vitrail -, l’Eglise de Chartres ne lui a jamais rendu de culte liturgique et sa présence ici tient plus à son rôle politique et à la gloire qui entourait son nom qu’à sa sainteté.
On veut illustrer ici le modèle du « bon » roi à destination de Philippe Auguste dont la figure apparaît en filigrane. En effet, le départ en Orient de l’empereur rappelle la 4ème croisade de 1204 qui vit le sac de Constantinople, de triste renommée. La construction d’une église peut évoquer la cathédrale de Chartres, pour laquelle le roi de France a largement contribué. La bataille de Pampelune est un écho de la croisade contre les Albigeois en 1213. La messe de St Gilles et le roi repentant n’est pas sans rappeler qu’à cette époque Philippe Auguste a des démêlés avec le pape Innocent III, concernant son mariage avec Ingeburg.

Charlemagne, né en 742 et mort en 814, est le petit-fils de Charles Martel et le fils de Pépin le Bref. Il hérite d'un royaume étendu à la Germanie qu'il agrandit encore par des campagnes militaires incessantes, appuyées sur une cavalerie bien équipée.

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